Le réseau à travers la représentation visuelle de l’élément sonore
Traffic, 1′33”
Support : Vidéo, Audio
Participants : 7, plus les voitures
Comme une capture d’un instant du quotidien, flirtant entre la réalité et le rêve, ce travail tente de répondre à la question du lien entre l’image et le son ou comment montrer visuellement quelque chose d’immatériel comme le son. Le lien entre l’image et le son est souvent défini par les règles de l’audiovisuel. inspirée du travail de la musique concrète et électroacoustique, je cherche à me réapproprier la réalité et ses règles pour transformer la place de l’élément sonore vers une musicalité, en le considérant comme un véritable matériau. Le titre de ce travail est d’ailleurs tiré d’une des musiques du compositeur Pierre Henry qui a réalisé une musique avec des sons de klaxons. Ces sons qui nous paraissent ordinaire, sont dans son travail mis au rang d’œuvre musicale.
Ici, un moment de vie apparemment banal se trouve décalé par la répétition, qui vient alors souligner l’aspect quotidien de la scène. Ainsi peu à peu, chacun des éléments sonores qui étaient au début indépendant viennent s’ajouter dans un ensemble musical. A la manière de Michel Risse qui utilise les monuments comme percussions, j’ai utilisé les personnages comme de véritables instruments d’un orchestre. C’est donc là qu’intervient l’idée de réseau, par le lien et les connexions entre les différents personnages.
L’esthétique de l’image renforce cette transformation improbable. J’ai voulu donner une idée de flottement, d’entre deux mondes. On est bien dans une scène réelle, mais les effets de lumières, de couleurs, l’attitude presque mécanique des personnages, font que ce n’est pas juste la réalité qui est filmée, pourtant on y croit.
Mais c’est surtout dans l’utilisation du son que j’ai cherché à renforcer ce décalage. Comme Michel Gondry dans son clip Star Guitar pour les Chemical Brothers où le rythme de la musique correspond à l’image, le réel est en quelque sorte redéfini. Chaque frottement, claquement de talon, roulement de skate, ou passage de voiture, participe à la musicalité de l’image. N’importe quel son est recevable, c’est une matière qui permet de réduire la frontière en l’art et la vie. Cette inspiration du mouvement Fluxus que peut avoir l’artiste perfomer Christan Marclay, se retrouve donc en quelque sorte dans mes influences.
Le terme de réseau est ici pris dans un sens large, et non restreint au cadre de la communauté internet, ce qui m’a permis du même coup de réaliser une petite idée qui fait son chemin depuis le premier semestre (sur le thème de la déambulation), mais que je n’ai pas eu le temps de faire, faute de moyens techniques. J’ai donc voulu rendre compte des différentes connexions entre des personnes lambda qui se croisent dans la rue, qui marchent, ne se connaissent pas, mais qui font d’une certaine manière, tous partis d’un réseau, tout en prenant en compte le rapport du son à l’image.
Pour voir la video
http://fr.youtube.com/watch?v=Wsge9xY6f5E
Vous pourrez insérer la vidéo dans la page, comme une illustration cliquable.
Attention aux fautes d’orthographe ;-)